Vient alors le moment de la remontée avec décision prise de se donner rdv à plusieurs familles de voyageurs rencontrées à Ushuaia pour l’embarquement sur le Navimag qui aura lieu le 2 janvier. En attendant, on profite encore des paysages isolés et sauvages de la Patagonie argentine, puis chilienne, en compagnie de Grand-papa.
Visite d’une estancia où le propriétaire nous propose d’aller assister à la tonte des moutons (il est l’arrière-arrière petit fils du premier colon britannique en Terre de Feu). Puis direction Porvenir en longeant la Bahia Inutil moyennant le passage de frontière le plus long jamais rencontré jusque-là à San Sebastian : 2h1/2 de file dans un chaos étonnant au milieu duquel chacun attend son tour paisiblement. On verrait ça chez nous, la tension serait vite montée. Mais là, apparemment, cela leur semble normal, et puisqu’il faut patienter, autant sortir le maté, en profiter pour converser avec son voisin de file, saluer des connaissances, ou encore regarder une émission qui passe sur une des deux grandes télés qui surplombent la salle.
Puis Porvenir, petite ville côtière qui n’a d’intérêt que son passage du détroit de Magellan en ferry vers Punta Arenas. On l’attendra 2 jours ce ferry, étant sans cesse reporté pour cause de tempête, et on déambulera dans cette petite ville aux maisons colorées en dégustant du bon poisson.
Au matin du 31 décembre, on commence à s’inquiéter de passer le réveillon perdu dans cette bourgade, alors qu’on a rdv à Puerto Natales avec les Chamaco, les Allez 5 et La Cagouille (toutes des familles de voyageurs français). On décide donc de remonter par la route un peu plus haut, où le passage est plus court et donc plus sûr.
Mais ça rallongera notre étape , et on fera ce jour-là 450 km, dont le tiers de piste et de ripio.
On arrivera seulement vers 18H30 et, au lieu de rdv, ne trouverons personne. En cherchant un lieu pour la nuit, on croisera les Duduland qui, eux aussi, attendent les autres au lieu dit.
Mais ils nous apprennent que les Chamaco avaient eu quelques jours avant un problème mécanique, et que si ils n’étaient pas là, c’est que rien n’était moins sûr quant à la réparation qu’ils allaient tenter de faire.
On décide alors de passer le réveillon ensemble, au resto, avec une bonne grillade et un bon pisco sour (prononcez « soweur ») en guise d’apéro. Les douze coups de minuit seront festifs, dans une ambiance très internationale, le resto étant rempli de voyageurs en perdition suite au gigantesque incendie qui a frappé quelques jours plus tôt le parc Torres del Paine. Le parc a du être évacué et la fermeture déclarée pour tout le mois de Janvier. Tout le pays est chamboulé par cette immense catastrophe, plus de 25 000 ha brûlés dans un des plus beaux parc chilien, le feu ayant évolué à une vitesse incroyable dû aux vents violents qui frappent la région. On est consternés par le constat de tant de nature époustouflante réduite en fumée, et nous rendons compte de la chance énorme que nous avons eue de nous y promener 4 jours durant et ce à peine 10 jours auparavant !
Le lendemain sera jour de repos, plaine de jeux, balade dans la ville, jusqu’à ce qu’on rencontre les Aller 5 et La Cagouille qui nous confirment la panne des Chamaco qu’ils ont quittés le matin même.
Ils doivent attendre une pièce et ne pourront donc pas embarquer comme prévu avec nous le lendemain.
La déception est grande chez les enfants de ne pas passer ces 4 jours tant attendus avec leurs copains, idem pour les parents mais nous savons maintenant que ce sont les aléa du voyage et on croise surtout les doigts pour eux.
Et puis jour d’embarquement, prévu en soirée, mais beaucoup de formalités à remplir en attendant, de courses à faire,…
Vers 20h, en écoutant les dernières infos avant de monter à bord, quelle n’est pas notre surprise en voyant le camion des Chamaco arriver sur le port… L’excitation et la joie sont à leur comble, la pièce a été réparée et ils ont pu arriver in-extremis !
On embraque donc, avec les Aller 5, les Chamaco et les Duduland, pour une ‘croisière’ sur le Navimag, qui va nous propulser quelque 2000kms plus haut en 4 jours de navigation à travers fjords et volcans.
On a longtemps hésité à la faire au vu du coût que cela représentait, mais un petit coup de pouce de Grand-papa nous a convaincus (milles mercis encore à lui !) et l’envie aussi de changer un peu d’’horizons’ ; en effet, après presque 2 mois et demi passés en Patagonie, on commençait à ressentir la dureté de son climat et à se fatiguer de ce vent incessant qui siffle dans les oreilles, qui soulève des tourbillons de poussière sur son passage, qui rend les nuits froides, qui tourne autour de nous pour mieux revenir de plus belle, qui nous enlace, nous envahi et ne nous lâche plus.
On s’est donc laissés bercer, tantôt sur une mer d’huile, tantôt par la houle, en ayant pour activité principale l’observation des fjords et des volcans sur le pont, des dauphins qui venaient saluer notre passage et des carcasses de navires abandonnés.
Entre tout ça, papotes et apéros rythmaient nos journées, programme très tranquille avec les enfants qu’on n’a presque pas vus tellement ils s’occupaient entre eux avec toute leur ‘bande’ de copains voyageurs.
Arrivés à Puerto Montt, on s’est rendu directement sur l’île de Chiloé, pour découvrir un tout autre paysage, le Chili côté Pacifique ! Des petits villages de pêcheurs, des maisons sur pilotis, des vieilles églises en bois, et tout ça sous la pluie ! C’est apparemment fréquent dans cette région, les nuages venant s’écraser sur les Andes et se déversant alors sur les villages côtiers.
On se laissera néanmoins envahir par la beauté de cette île, ses collines, ses mythes et ses légendes.
Et on profitera ainsi des derniers jours passés avec Grand-papa, qui poursuivra son voyage de l’autre côté de la frontière, dans la famille argentine, avant de rentrer en Belgique.
De notre côté,on continue notre vadrouille en se lançant à la découverte d’une région qui va nous séduire et nous émerveiller : la région des lacs et des volcans.
De parcs nationaux en réserves naturelles, on va randonner, randonner et encore randonner (les enfants deviennent de vrais pros au point de préférer les montées aux descentes !) avec pour variantes les baignades tantôt dans les lacs de montagnes, tantôt dans les eaux thermales, tantôt dans le Pacifique.
On retrouve aussi un vrai temps estival (la pluie a cessé, le vent s’est essoufflé !), et nous profitons pleinement de nos soirées au coin du feu.
Ce sera aussi l’occasion de recroiser par hasard les Duduland au détour d’un chemin et de repasser deux jours très chouettes avec eux, ainsi que de rencontrer des familles chiliennes avec qui nous allons vite sympathiser. D’apéros en assados, de discussions interminables en invitations à passer par chez eux (notre espagnol se perfectionne de jours en jours, et même les enfants se font maintenant comprendre sans problèmes!) ce sont à chaque fois de belles rencontres qui nous permettent d’approcher un peu plus la réalité de la vie chilienne.
Bouquet final pour accentuer encore plus le coup de cœur qu’on a eu pour cette région : la réserve Malalcahuello, et la journée de randonnée jusqu’au cratère Navidad (qui est entré en éruption le 25 décembre 1988) au pied du volcan Lonquimay. Un paysage lunaire qui s’étend à perte de vue, plus aucune végétation à l’horizon, des collines de cendres et de laves rouges et noires, et le cratère fumant qui s’ouvre devant nous . Une expérience unique et incroyable qui va conclure cette page en apothéose.
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7 commentaires:
Hello les amis,
Quel plaisir de vous suivre au fil de vos pérégrinations, de vos merveilleuses rencontres. De superbes photos et de chouettes commentaires.
On vous souhaite encore plein de belles découvertes.
On vous embrasse.
Sam, Max, Garry et Marie-Anne
Je suis impatient de lire la suite .... Dommage que votre passage à Concepcion aie été si bref.... Si vous me l'aviez dit plus tôt, j'aurais pu vous aider, toute la famille Piérart y est... Quand même, avez-vous vu la teinturerie et la maison des Piérart de Maipu! Contactez nos parents de Santiago et de Calama de ma part. Abrazo por Marcelo y besitos por Maritza... à+ Michel (Piérart de Belgica)
... à Chiloé... avez-vous mangé un curanto?
... à Valdivia... avez-vous bu une cerveza Gutmann?
... à Concepcion... avez-vous mangé des machas?
message de M.Piérart
Quelles belles imagess, qui nous emmènent ..un peu...en voyage !!
Bisousbisous de nous 2,
Cathy&Michel
j'ai envoyé un email à tous les membres de la famille de Santiago pour annoncer votre présence!
michel.pierart@gmail.com
coucou les poux ! aujourd'hui il a neigé sur bruxelles ! et le ciel est ultra bas,le soleil fait grève aussi :-) gwen, tes photos sont toujours aussi belles. ça promet un magnifique décor pour les murs à votre retour à corbais, qui est encore loin, loin, loin. profitez les chicos ! et faites attention aux petites pintades qui courent sur la route devant la voiture. biz !
Como estan los Piérart? ... Déjà visité Sago del nuevo extremo?.... y la casa colorada... avec les parents?... déjà rencontré des membres de la famille?
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